
Première église gothique en Bourgogne, début de construction en 1209, achèvement de 1375 à 1500 avec plan et style maintenus au long des siècles.
Quel contraste entre la façade austère et la tour de guet qui rappellent la forteresse du film « Le Nom de la Rose » et la grandeur lumineuse intérieure de cette église surdimensionnée pour cette commune !
Dès l’entrée, l’édifice apparaît dans la clarté, la pureté, l’élégance et l’équilibre du nouveau style original caractéristique du gothique bourguignon du début du XIIIᵉ siècle influencé par celui d’Île-de-France. Nos ancêtres ont vraiment bâti un chef-d’œuvre !
ENTRÉE et BÂTIMENTS CLAUSTRAUX
Le parvis actuel de l’église était la cour d’honneur après avoir franchi une porte à pont-levis de l’abbaye fortifiée en 1362 à la guerre de Cent Ans.
L’église abbatiale reste seule avec le « palais du XVIIᵉ s. », les autres bâtiments ont été détruits au XVIIIᵉ s.
À droite, l’entrée du cloître murée est au-dessus de la fontaine de « La Samaritaine », en fonte du XVIIIᵉ s.
À gauche, à l’Office de Tourisme, une maquette présente l’enceinte abbatiale en 1656.
À droite, NE PAS SONNER NI DÉRANGER, une grille permet de voir le reste du cloître refait au XVIIIᵉ s.
À VOIR DANS CETTE ÉGLISE
Porche couvert du XVe s. à décor de végétaux, animaux et escargots, élevé entre deux tours
Nef à 4 travées et collatéraux croisées d’ogives sur colonnes alternées rondes
Chœur à chevet plat et rosace XVIIIᵉ dans le style XIIᵉ-XIIIᵉ s.
3 arcades élégantes (ciborium, dais) entourent la Vierge portaient la châsse de Saint-Seine
Statues de l’annonciation du XVe, école de Claus Sluter.
Tableaux de la Légende de Ste Croix 1718 par L. Vitat
Stalles en bois du XVIIIe s. sculptées par Guillaume THEISS
TRANSEPT
1. Côtés extérieurs des Stalles : PANNEAU EXPLICATIF à GAUCHE :
Histoire de l’Abbaye et relations entre seigneurerie abbatiale et hommes de cette terre
EXCEPTIONNELLES PEINTURES MURALES gothiques et renaissance restaurées en 2020 - 21
-
1504 Nord à gauche. Unique et Originale Vie de Saint Seine en 22 tableaux 1,35m x 8m
-
1521 Sud à droite : Arbre de Jessé, Jean IV de Fontette et Saint Christophe, litanies de la Vierge
2. Pierres tombales XIVe-XVIIe
Plus d’infos : Office du Tourisme en sortant à droite.
ABBATIALE
1) La façade et le porche du XVᵉ s. : Entre les deux tours, le porche-terrasse avec gargouilles a une croix au-dessus du blason de l’abbé Jean de Blaisy. Il est fermé au-dessus des portes par un tympan avec une frise à glands de chêne et un décor de vigne qui cache un bestiaire symbolique bourguignon, l’escargot, le sanglier et la vouivre évoqués par Henri VINCENOT dans « Le pape des escargots ». Sur les socles figuraient des statues du XVᵉ s. détruites en 1793, la Vierge au centre, Saint-Seine et Saint -Benoît sur les côtés.
2) La nef a 51 m de long, 18 m de large et 27 m à la croisée, 20 m de haut sous clé de voûte avec une triple nef à 4 travées et un chœur avec 4 chapelles ouvrant sur les transepts. Les voûtes en 6 parties reposent en alternance sur des piles fortes et sur des colonnes cylindriques. Les piliers de la retombée de l’arc principal sont d’un diamètre plus fort et renforcés par 4 colonnettes. Les chapiteaux tous différents montrent un feuillage. Le fond du chœur est un mur plat avec une rosace de 1759 dans le style du XIIIᵉ s. Violet le Duc appelle passage bourguignon la coursive du tour entier du vaisseau au pied du 2ᵉ étage. Cette belle galerie passe dans l’épaisseur des arcs, les fenêtres hautes au-dessus apportent beaucoup de lumière.
3) Les stalles et boiseries : la nef réservée jadis aux fidèles, était séparée du chœur des religieux par une grille et peut-être par un jubé du XVᵉ s. Les stalles de Guillaume Theiss sont de 1750 avec décor Louis XV et médaillons bibliques.
4) Le chœur : le très gracieux ciborium ou dais à trois arches (ancien jubé ?) dont la flèche centrale contenait une châsse des reliques de l’abbaye, les clôtures des chapelles et du transept sont de style gothique flamboyant. La Vierge et l’Ange de l’Annonciation sont des statues polychromes et à l’entrée à gauche se trouvait le tombeau de l’abbé Guillaume de Vienne, devenu archevêque de Rouen, qui ressemblait à ceux des Ducs de Bourgogne du même atelier Claus SLUTER.
5) Bras nord du transept, peintures murales gothiques originales de 1504 :
La clôture nord au revers des stalles retrace en 22 tableaux la vie légendaire de Saint-Seine. La légende rapporte que Saint-Seine, monté sur son âne, a reçu de son père le comte de Mesmont le territoire entouré en un jour. Cette figure était sur le sceau de l’abbaye et les bornes de son territoire.
Les 3 vitraux de couleur, fin XIXᵉ s., du maître verrier Gaudin de Paris.
-
Au milieu Saint-Seine montre l’église qu’il a fondée.
-
Au-dessous, son père, le comte de Mesmont le retrouve dans son ermitage.
-
À gauche : Saint-Seine reçoit l’habit par Saint-Jean de Réome.
-
À droite : Légende de Saint-Gilles, patron de l’église paroissiale du XIᵉ s. démolie.
Les pierres tombales des 3 abbés constructeurs : à droite Jean de Blaisy en squelette avec crosse abbatiale et blason.
6) Bras sud du transept, peintures murales de style Renaissance
La clôture sud au revers des stalles montre Saint Claude et 3 scènes :
-
l’Arbre de Jessé (1521) donné par frère Claude de Durestal.
-
Saint-Christophe et le chevalier Jean de Fontette agenouillé devant Saint-Seine.
-
la Vierge et des banderoles de litanies, données par le prêtre Barthélemy Lardi.
Les vitraux de 1898 représentent les saints évangélistes.
Deux pierres tombales à remarquer :
-
L’abbé Pierre de Fontette (Ϯ 1484) dans ses habits est une des plus belles de Bourgogne.
-
Claude de Damas, belle-sœur d’un abbé, donatrice pour la construction.



VIᵉ siècle : fondation, de Sigo à Saint-Seine
-
En 534, SIGO, fils du comte de Mesmont, se retire aux Bois de Cestres, fonde une communauté de moines. Le comte donne à son fils la terre de Saint-Seine.
-
La légende est illustrée début du XVIᵉ siècle sur le revers de la clôture du chœur de l’abbatiale.
-
En 587, l’évêque Grégoire de Tours passe en la basilique du tombeau de Sequanus.
-
Sigo, devenu Sequanus, christianise la vénération de la déesse Séquana des sources de la Seine.
VIIIᵉ-IXᵉ siècles : PATRIMOINE protégé par les PRINCES et PAPES
-
En 775, Benoît d’Aniane reste cinq ans et impose ensuite la règle bénédictine aux monastères impériaux.
-
Au IXᵉ siècle, les empereurs, aux XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, les papes complètent les possessions du monastère,
-
La terre de Saint-Seine est complétée par des donations des ducs de Bourgogne et seigneurs contre messes et services, au total 30 villages.
-
Les évêques d’Autun et de Langres donnent 20 églises et leurs dîmes.
XIIIᵉ-début XIVᵉ siècle : CONSTRUCTIONS et DESTRUCTIONS
-
En 1209 commence la construction de l’église actuelle selon la charte du duc Eudes III.
-
En 1255, un incendie consume les bâtiments claustraux et ruine à demi l’église.
-
En 1255 et 1256, les gaves accordent des indulgences à ceux qui aideront à la reconstruction.
-
La restauration reprend avec les abbés Guillaume de Vienne après 1375, Jean de Blaisy après 1398 et Pierre de Fontette après 1439, qui édifie le clocher.
-
En 1504, l'église est décorée par les peintures de clôture Nord, sur la vie de Saint-Seine, en 1521 avec celles de clôture Sud, un évêque, un arbre de Jessé, un Saint-Christophe et la Vierge Marie.
XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles : SPLENDEUR des Conti et RIGUEUR des Mauristes
-
En 1636, le prince de Conti Armand de Bourbon devient abbé commendataire à Saint-Seine.
-
En 1647, il introduit la rigueur de la réforme de Saint-Maur, une congrégation de moines érudits.
-
En 1715, la maison et le logis abbatial sont reconstruits et, en 1745, un nouveau cloître est édifié.
-
Fin XVIIIᵉ et XXᵉ siècles : DÉMANTÈLEMENT et TRANSFORMATION
-
La Révolution nationalise et vend les bâtiments : la démolition récupère les matériaux.
-
En 1802, la commune reprend et sauve l’église abbatiale.
-
En 1812, la salle du chapitre, le cloître, le logis de l’abbé et une partie du corps principal ont disparu.
-
En 1835, la foudre s’abat, les démolitions continuent jusqu'en 1846 : les bâtiments restants deviennent un établissement hydrothérapique.
-
En 1862, l'abbatiale est classée monument historique et sa restauration commence.
-
En 1942, les sœurs de la Providence achètent la propriété, l’aménagent après 1970 en maison de l’enfance toujours active.
The HISTORY of the ABBEY of SAINT SEINE in FIVE EPISODES
MIDDLE of the 6th CENTURY : the FOUNDING. FROM SIGO TO SAINT SEINE
534: Sigo, the son of the Count of Mesmont, retired in the forest of Cestres and founded a community of monks there.
The Count gave his son as much land as he could cover on a donkey in one day.
That is illustrated as early as the Middle Ages on the boundary stones around the Land of Saint-Seine and at the beginning of the 16th century on the outer walls of the church cloister.
587: Bishop Gregory of Tours described a miracle in the basilica containing the tomb of Sequanus in the territory of Langres.
Thus, Sigo became Sequanus and replaced the worship of Goddess Sequana at the springs of the river Seine.
8th-13th CENTURIES : UP of the PATRIMONY under the PROTECTION of the PRINCES and the POPE
775: the future Saint Benedict of Aniane, arrived at the abbey. He founded the abbey of Aniane in 782, reformed the Benedictine rule, imposed it on all the monasteries in the Carolingian empire.
From 805 onwards, the emperors confirmed and completed the lands of the monastery in the Langres diocese and so did the popes in 1178 and 1245.
The Land of Saint-Seine was also completed with donations by the Dukes of Burgundy and the local lords in exchange for masses, protections and services.
Twenty churches with their tithes were given by Autun and Langres bishops.
13th BEGINNING of the 16th CENTURY : BUILDING and DESTRUCTION of the CURRENT ABBEY
1209: According to a ducal charter, Duke Eudes III encouraged the building of a new abbey church and protected the builders and their horses.
1255: a fire burnt down half the church and the buildings around.
In 1255 and 1256, papal bulls granted indulgences to all those who would help rebuild the church. But the rebuilding lingered because of financial difficulties.
Alter 1375, the restoration was resumed with Abbots William of Vienna, John of Blaisy in 1398 and Peter of Fontette in 1439, who had the dock tower built.
1504: The paintings in the north enclosure of the choir depicting Saint Seine's life were made and in 1521, those in the south enclosure with Saint Christopher, the Virgin Mary, and a tree of Jesse.
17th-18th CENTURIES : SPLENDOR of the CONTI, STRICTNESS of the MAURISTS.
1636: The Prince of Conti, Armand of Bourbon, was appointed Abbot of Saint-Seine.
1647: He introduced there the reform of Saint Maur, a congregation of monks famous for their erudition.
1715: The bouse and abbot's lodging were rebuilt and a new cloister was created in 1745.
END of the 18th. 20th CENTURIES : DEMOLITION and TRANSFORMATION.
During the Revolution, the buildings were nationalized, then sold: the buyers started demolishing them to reuse the materials.
1812: The chapter room, the abbot's lodging, and a part of the main building had disappeared.
1835: The buildings were struck by lightning. The remaining buildings were then transformed into a thermal station.
1862: The abbey church was classified as a historical monument, and some works were done.
1942: The Sisters of Providence bought the place to create a children's home, which is still in existence.
















