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Village galloromain

Village gallo-romain / Chalonge

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Village de Blessey-Salmaise au lieu-dit Le Chalonge Voir carte et limites du site

Réf. Village, forges et parcellaire aux sources de la Seine, L’agglomération antique de Blessey-Salmaise

Presses universitaires franc-comtoises, Annales littéraires de l’université 2000.

Le site fouillé par M. Mangin, J.L. Courtadon, Fluzin et E. De Laclos de 1991 à 2000 englobe un parcellaire gallo-romain de 140 ha avec 383 murées de 20 km de longueur cumulée, 47 habitats, 5 forges, plusieurs ruelles bordées de murs sur 1 km de long, avec 40 sentiers dont ceux menant aux sources : 121 parcelles + 36 enclos d'habitat d'environ 1 ha en moyenne....

Éric de Laclos a réalisé l'étude pédologique et phytoécologique du domaine rural et montre que cela correspond aux meilleures terres agricoles d'alentour au-dessus du rebord du plateau, pour les pratiques agricoles de cette époque. Chalonge viendrait de challenge ou cha longo, hauteur établie en long, équivalent à champ long.

On trouve 3 types d'habitat : le village de 350 m de long sur 35 m de large en haut du versant de la Grande Combe avec une douzaine de maisons dans des enclos alignés sur une rue R01, 3 hameaux au sud, 2 grandes fermes. Des dizaines de pierres dressées sont aux carrefours ou dans les murées, 3 sont en triangle au point de bornage du site. Certaines pierres plus grosses montrent l'entrée du village ou des fermes, d'autres pierres et dalles sont des portes avec chambranle pour les portes en bois. Le mobilier permet la datation par céramique et monnaies, fin du 1ᵉʳ siècle, 3ᵉ ou début du 4ᵉ s.

 

5 forges caractérisent le site par le travail secondaire d'éponges métalliques de haut fourneau, à côté d'habitats : F104, H301, H201, H407, H603. Elles sont contemporaines du village et du sanctuaire des sources de la Seine, ici du 1ᵉʳ s. ap. JC. à la fin du IIIᵉ s., mais n'ont pas fonctionné toutes en même temps. L'entrée nord du village a montré à côté de la grosse pierre levée un clou brut unique sur le site, une fibule de fer recouverte de cuivre étamé ou argenté, une lance miniature (ex-voto de forgerons ?). L'étude des déchets : barres et clous de chaussures de la forge F 104 montre une grande capacité technique avec un mélange de fer et d'acier et une remarquable organisation. On estime, du fait de la masse des déchets, que l’atelier a fonctionné pendant l’hiver durant environ 2 siècles, ce qui est important. Comme à Alésia et 2 autres agglomérations du Haut-Auxois, on pratique l'épuration du métal des bas fourneaux de première réduction de fer et on élabore les objets pour le village et les pèlerins. Une part du métal de ces groupements approvisionnait les forges des fermes de la région alentour. Le bâtiment de la forge F104 est techniquement au niveau gallo-romain de l'époque avec murs en mortier, tuiles romaines et pierres de couverture. La forge 2 ouverte sur un côté, contiguë à H201, bâtie sur des dalles ajustées naturelles, a des murs avec des moellons équarris mais sans mortier. On y a retrouvé des éléments de chaînes, des clous, des objets métalliques de formes diverses, des scories, un polissoir. À l'extérieur, vers le sud-ouest, un foyer d'argile en terre cuite servait à l'atelier et à la cuisine, ouvert sur un côté. La principale production est celle de clous (crampons) pour le dessous des chaussures de cuir, sans doute pour les pèlerins et les soldats.

Le bâtiment H101, contigu à la forge F104 et proche du Chemin Rouge antique, est un relais ou mansio avec cellules pour les hôtes, cour pour les animaux de bat. Les autres habitats sont soit en creux sur 4 côtés en pierres sèches + ou – équarries, soit avec 1 ou plusieurs côtés en matériaux périssables, bois en général. Dans l'enclos E 307, au centre du village ou vicus, une fosse circulaire de 5 m de fond servait-elle de citerne, glacière ou silo… ? La ferme isolée H401 était importante, avec moellons, au milieu d'une cour mais sans tuiles.

Blessey a des liens culturels et économiques par son artisanat avec la sphère lingone du Haut Empire (Vitteaux, Mâlain ; pays mandubien au 3ᵉ s.). Ce site est original par le nombre, la répartition et la diversité des habitats, de ses forges, sa conception bien adaptée au terrain, en liaison et complémentarité du site des sources de la Seine. C'est l'« Agglomération des Sources de la Seine». Les activités sont rurales avec des forges et les pèlerins sont accueillis.

Site of La Chalonge in the Village of Blessey-Salmaise

See map and site boundaries

 

The site excavated from 1991 to 2000 encompasses a Gallo-Roman parcelling of 150 hectares with 383 walled enclosures totalling 20km in length, 47 habitats, 5 forges, several alleys bordered by walls over 1km long, with 40 pathways including those leading to the sources: 121 parcels + 36 habitat enclosures averaging about one hectare. Eric de Laclos conducted the pedological and phytosociological study of the rural estate and showed that it corresponds to the best surrounding agricultural lands above the edge of the plateau, suitable for the farming practices of that time. Chalonge likely derives from challenge or cha longo, a height established in length, equivalent to long field.

There are three types of habitats: the village measuring 350 m long by 35 m wide at the top of the slope of the Grande Combe with about a dozen houses within enclosures aligned along road R01, three hamlets to the south, and two large farms. Dozens of standing stones are at crossroads or within the walls, three are triangular at the boundary points of the site. Some larger stones indicate the village entrance or farm entrances; others are stones and slabs functioning as door frames for wooden doors. The artifacts allow dating by ceramics and coins: late 1st century, 3rd or early 4th century.

Five forges characterise the site, working with processing of metallic sponges from blast furnaces. They are contemporaneous with the village and the sanctuary of the Seine sources from the first century AD to the end of the 3rd century but did not all operate simultaneously. The northern entrance of the village revealed next to the large standing stone a raw nail, an iron fibula covered with tin-plated or silvered copper, a miniature spear (possibly a votive offering from blacksmiths).

Waste analysis: bars and shoe nails show advanced technical capability with a mixture of iron and steel and a remarkable organisation. It is estimated from the waste mass that the workshop operated during winter for approximately two centuries, which is significant. Similar to Alesia and two other settlements in Haut-Auxois, metal refining was practiced for primary reduction of iron in small furnaces, and objects were made for the village and pilgrims. Part of the metal from these groups supplied the forges of regional farms.

The forge building F104 is technically at the Gallo-Roman level of the period, with mortar walls, Roman tiles, and cover stones. Forge 2, open on one side built on natural fitted slabs, has walls with squared rubble but without mortar. Elements of chains have been found there as well as nails, various metal objects, slags and a polishing stone. Outside to the southwest, a clay hearth was used as a workshop and cooking area open on one side. The main product was nails (cleats) for the soles of leather shoes, probably for pilgrims and soldiers.

The building H 101 contiguous with forge F 104 and near the ancient Red Road served as a relay or mansio with rooms for guests and a courtyard for pack animals. Other habitats are either sunken on four sides with dry stone walls of roughly squared stones or with one or more sides made of perishable materials generally wood. In enclosure E 307 at the centre of the village or vicus, a circular pit 5 m deep may have served as a cistern, cooler or silo. The isolated farm H 401 was significant, built with rubble stones in the middle of a courtyard but without tiles.

Blessey had cultural and economic ties through its craftmanship with the Lingone sphere of the High Empire (Vitteaux, Mâlain: Mandubian territory in the third century). This site is unique in the number, distribution and diversity of its habitats, its forge, its terrain-adapted design in connection and complementarity with the site of the sources of the Seine. The activities are rural and pilgrims are welcome.

English Chalonge

Étaules

Etaules
Châtelet d'Étaules
Châtelet d'Etaules plan.jpg
English

Le châtelet d'Étaules est l'un des plus intéressants camps préhistoriques de Côte-d'Or. Exploré au XIXᵉ siècle par monsieur Drioton, puis par monsieur Guyot, le site fit l'objet d'une étude approfondie menée par Jean-Pierre Nicolardot. Elle démontra une occupation allant du quatrième millénaire avant notre ère jusqu'au premier âge du fer. Il ressemble alors à une redoutable citadelle. La muraille principale en pierre, armée de poutres de bois, atteint 80 m de long sur 10 m de hauteur.

Grâce aux travaux de restauration et de reconstruction entrepris de 1976 à 1987 à la suite des fouilles, on peut étudier ces anciennes défenses. L'imposante levée s'entoure de murs de pierres sèches et de fossés. Les habitants, certainement peu nombreux, occupaient l'espace aujourd'hui boisé qui recouvre l'éperon rocheux. Trois gradins successifs conduisent à la palissade supérieure percée de petites ouvertures carrées. Dans l'assemblage, on reconnaît aussi des blocs de tuf, pierre plus légère facile à usiner. La salle polyvalente d'Étaules garde précieusement le résultat des fouilles. Autrefois certains, étonnés par cette importante levée de pierres, pensaient qu'elle abritait un trésor : un chariot d'or. D'autres la disaient construite par les fées. Les siècles suivants, à l'époque gauloise, on ramassait les nodules de fer autour du village. Plus tard, les habitants qui les recueillaient dans les champs les apportaient au haut fourneau de Val-Suzon.

Étaules

 

The Etaules small fortress is one of the most interesting prehistoric camps in Côte-d'Or. Explored in the 19ᵗʰ century, the site was then the subject of an in-depth study. It demonstrated occupation from the fourth millennium BC until the first Iron Age. It then resembled a formidable citadel. The main stone wall, reinforced with wooden beams, measured 80 m long and 10 m high.

Thanks to restoration and reconstruction work undertaken from 1976 to 1987 following excavations, these ancient defenses can be studied. The imposing embankment is surrounded by dry stone walls and ditches. The inhabitants probably few in number, occupied the wooded area that covered the rocky spur.

Three successive terraces lead to the upper palisade pierced with small square openings. In the construction, blocks of tuff, a lighter, easy to shape stone, are also recognized. The results of the excavation are carefully preserved in the Etaules village hall.

In the past, amazed by this large stone rampart, some people thought it housed a treasure: a golden cart. Others claimed it was built by fairies. In the following centuries, during the Gallic period, modules of iron were collected around the village. Later, the inhabitants who gathered them in the fields, brought them to the blast furnace of Val Suzon.

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